Après plus de 24 heures passées dans les avions, aéroports et autres bus, me voilà assis sur mon sac à dos sur un quai de la gare du nord. Un voyageur s'arrête devant moi, me fixe et d'un air compatissant me propose:
"Ca n'a pas l'air d'aller, monsieur, voulez-vous que je vous paye quelque chose à manger ...."
Je pense que je dois avoir une mine quelque peu déconfitte !... Hier, j'étais encore à Katmandou, et je termine plus d'un mois de vacances passées au Dolpo - Népal.

Tout a commencé en lisant le livre "Voyageurs de sel" d'éric Valli. Merveilleux témoignage sur les dernières caravanes de yaks dans la région du Dolpo : coincé entre le Daulagheri et la frontière tibétaine. Là, le troc entre le sel des hauts plateaux tibétains et les céréales des basses vallées du dolpo s'effectue depuis des siècles à dos de yaks. L'histoire de ces dernières caravanes est le thème du film que fera Eric Valli : Himalaya, l'enfance d'un chef.

Notre premier contact avec le Népal fut établi par fax avec certaines agences de trekking qui foisonnent à katmandhu. L'une d'elle, Sherpa Trekking Service nous propose ses services : un Guide, un cuisto et porteurs pour l'accompagnement de 3 personnes ( nous ) de Jumla à Dunaï en passant par le col Kagmarra La et les magnifiques eaux turquoises du lac Phoksumbo.
Nous rencontrons " Karma " notre Sherpa à la descente de l'aéroport de Nepalgang, escale sans intéret mais obligée pour accéder au dolpo. Karma est du Kumbu, cette région du  népal connue pour éberger un certain sommet nommé Everest. Les habitants du Kumbu sont de l'etni des sherpas rendus célébres pour avoir accompagné la plupart des montagnards dans leurs exploits. Karma, 60 Kilos tout mouillé, est comme la plupart de ses compatriotes : d'une extrème résistance et d'une humeur à toutes épreuves...


 


La RNAC est la compagnie aérienne népalaise (prononcez " l'arnaque ") . Un vol intérieur au Népal vaut a lui seul le voyage... Tout d'abord les avions sont des Twin Otter d'une quinzaine de places sans séparation avec la cabine de pilotage. Vous vivez ainsi votre vol. Entre les photos des enfants du pilote sur le tableau de bord, le petit ventilo en plastique à 10 roupies pour raffraichir l'air, les décollages portes ouvertes et les approches voyant ROUGE de décrochage clignotant et hurlant. croyez-moi vous êtes heureux de rejoindre la terre ferme.

12ème jour : Nous quittons le campement à 7 heure 30, le ciel est couvert mais pas de pluie. Aujourd'hui n'est pas une journée comme les autres puisque nous passons le col Kagmara la. Nous avons 700 m de dénivellé à parcourir avant d'atteindre l'altitude de 5200m. La progression est lente mais régulière, à quelques centaines de mètres, sur une falaise, nous apercevons un troupeau de barals, une dizaine.Un dernier petit raidillon et c'est la récompense : le col.
Après quelques minutes pour savourer l'instant, nous apercevons un troupeau de yacks se diriger vers nous. Ils sont une trentaine menés par trois dolpopas et vont dans la même direction que nous, chargés de sacs de céréales à destination du tibet. Il redescendent tout aussi vite qu'ils sont montés, et nous on contemple les environs. Plus bas, nous progressons dans des gorges un peu encaissées, après une halte dans une prairie en fleur, nous poursuivons notre longue descente. Le soir au campement le sommeil ne tarde vraiment pas a venir...


21ème jour : Après une bonne journée de marche, nous arrivons a Dunaï, terme de notre périple. Demain, nous reprendrons l'avion vers Népalgang puis Katmandhu. En attendant, nous nous installons dans le jardin aimablement mis à notre disposition par un couple népalais pour y planter nos 2 petites tentes. 22ème jour : le ciel est chargé et nous apprenons qu'il va falloir patienter un jour de plus, notre avion est annulé pour cause de mauvaise météo. La journée se passe cadencée par les parties de billard népalais. 13 Heure 30, tout le monde s'affole, on nous explique qu'il faut plier les tentes immédiatement. Sans trop comprendre la raison d'une telle agitation, nous suivons les consignes. Puis, tout le monde se met a l'abri sous le grand porche de la maison. 14 Heures après une terrible détonation, une pluie de pierres grosses comme le poing s'abat sur le jardin.... ldes cailloux extraterrestes ?....non......plus haut, on fait sauter la montagne a coup de TNT pour rallonger de quelques mètres l'unique piste de l'aérodrome.....